Jean wide leg pour morphologie en A : le bon choix en magasin
Ana Thoisy
Jean wide leg pour morphologie en A : le bon choix en magasin, cabine par cabine
Bonjour, moi c'est Ana Thoisy, conseillère en image certifiée à Bordeaux. Une bonne partie de mon métier consiste à accompagner mes clientes en boutique, et j'ai remarqué une chose : la plupart des femmes savent parfaitement quelle coupe leur va. Elles échouent quand même, parce qu'elles essaient mal.
Un jean wide leg ne se juge pas comme un slim. On ne peut pas l'évaluer pieds nus, avec un pull qui pend, dans une cabine de deux mètres carrés et un miroir mal éclairé. Il demande un protocole, littéralement une méthode, et c'est celle que j'utilise en séance de personal shopping que je vous donne ici.
Cet article ne parle ni de théorie morphologique ni de matière. Il parle uniquement de ce que vous faites entre le moment où vous entrez dans le magasin et le moment où vous passez en caisse, quand vous êtes en morphologie en A.
Ce qu'il faut emporter avant de partir
Quatre-vingt pour cent des mauvais achats se jouent avant même d'entrer en cabine. Voici ce que je demande à mes clientes de prévoir.
- Les chaussures que vous porterez vraiment. C'est le point numéro un, et le plus négligé. Un wide leg se juge à sa longueur, et sa longueur dépend entièrement de la hauteur de semelle. Emportez la paire que vous mettez le plus souvent, et si vous alternez plat et talon, prenez les deux.
- Un haut ajusté. Un top près du corps, un body ou un pull fin, que vous pourrez rentrer dans la ceinture. Impossible d'évaluer un wide leg avec un sweat qui recouvre les hanches.
- Des sous-vêtements sans coutures marquées. Sur un denim moyen, une culotte à bords élastiques dessine une ligne à mi-fesse qui fausse complètement la lecture.
- Votre téléphone. Le miroir de cabine ment, la photo non. J'y reviens plus bas.
- Du temps. Comptez quarante-cinq minutes minimum pour trois modèles bien essayés. Un jean acheté en dix minutes entre deux rendez-vous est un jean qu'on ne porte pas.
Et un conseil d'organisation : allez-y le matin. En fin de journée, la fatigue rend tout moins joli et la patience manque, ce qui pousse à valider par lassitude.
Dans quel ordre essayer
L'ordre compte, parce que l'œil se fatigue et s'habitue. Après cinq essayages, vous ne voyez plus rien.
Trois modèles, pas huit
Choisissez trois jeans, pas davantage. Au-delà, la mémoire visuelle ne suit plus et vous finissez par comparer le dernier au précédent au lieu de comparer chacun à ce que vous cherchez.
Deux tailles par modèle
Prenez systématiquement votre taille et la taille en dessous. Oui, en dessous. Sur un wide leg, l'ampleur est déjà dans la coupe : la seule chose qui doit être juste, c'est la ceinture. La plupart des femmes en morpho A prennent une taille de trop parce qu'elles anticipent le passage aux hanches, et se retrouvent avec un pantalon qui glisse.
Commencez par le plus simple
Le premier modèle que vous enfilez doit être le plus neutre : denim uni, foncé, sans détails. Il devient votre étalon. Les deux suivants se jugeront par rapport à lui, et vous verrez immédiatement ce que leurs particularités ajoutent ou retirent.
Le rituel avant de regarder
Ne vous retournez pas vers le miroir tout de suite. Dans l'ordre : fermez le bouton, remontez la ceinture au creux de la taille, rentrez le haut, chaussez-vous. Seulement ensuite, regardez. Un wide leg jugé pieds nus avec un haut qui pend donne toujours une impression désastreuse, y compris quand c'est le bon modèle.
Les quatre vérifications devant le miroir
Voilà le cœur du protocole. Quatre positions, dans cet ordre, une trentaine de secondes chacune.
1. De face, à deux mètres du miroir
Reculez autant que la cabine le permet, ou sortez dans le magasin. De près, on ne voit que des détails ; de loin, on voit une silhouette.
- La ligne descend-elle droit de la hanche à l'ourlet, sans se rétrécir ?
- Où se situe le point le plus large de votre silhouette ? S'il est encore à la hanche, l'ampleur est insuffisante.
- La ceinture est-elle bien horizontale, ou plonge-t-elle vers l'avant ?
À deux mètres, on ne juge plus la couture ni la poche : on regarde où se situe le point le plus large de la silhouette.
2. De profil
C'est la vérification la plus discriminante, et celle que personne ne fait. Tournez-vous complètement de côté.
- Le tissu décroche-t-il du corps juste sous la fesse pour descendre à la verticale ? C'est le signe d'un vrai wide leg.
- Ou bien épouse-t-il la fesse et la cuisse sur quinze ou vingt centimètres avant de s'ouvrir ? Dans ce cas, l'étiquette dit wide leg mais la coupe est un bootcut, et elle souligne exactement la zone que vous vouliez laisser tranquille.
- Y a-t-il un creux marqué sous les fesses ? Cela signale une fourche trop courte.
3. Assise, trente secondes
Il y a toujours un tabouret ou un banc quelque part. Asseyez-vous normalement et restez-y.
- La ceinture bâille-t-elle dans le dos ? Plus de deux doigts d'écart, c'est trop.
- Le devant appuie-t-il sur le ventre au point de vous gêner ?
- Le tissu tire-t-il en travers de la cuisse ? Sur un wide leg, il ne devrait pas.
4. Après dix pas
Marchez dans le magasin, puis arrêtez-vous net et regardez sans réajuster. C'est le test qui départage les matières.
- Le pantalon revient-il en place tout seul, ou reste-t-il plaqué contre les cuisses ? Un denim trop souple reste collé.
- L'ourlet traîne-t-il par terre ou balaie-t-il l'arrière du talon ?
- La ceinture est-elle descendue de quelques centimètres ? Si oui, la taille est trop grande.
La photo, arbitre final
Demandez à quelqu'un ou posez le téléphone : une photo de face, en pied, à deux mètres, bras le long du corps. Comparez ensuite les trois modèles sur l'écran. Vous verrez en cinq secondes ce que trente minutes de miroir n'ont pas révélé, parce qu'une photo fige la silhouette et supprime tout le ressenti.
Où chercher : rayons, tailles, longueurs
Encore faut-il avoir de bons modèles entre les mains. Voici où je regarde en priorité.
Les appellations à écumer
Selon les enseignes, la même coupe s'appelle wide leg, large, loose, palazzo, straight ample ou baggy. Ne vous fiez jamais au nom : allez voir le vêtement et posez la seule question qui compte, est-ce que la largeur diminue quelque part entre la hanche et l'ourlet ?
Les longueurs, un critère à part entière
Beaucoup d'enseignes proposent plusieurs longueurs d'entrejambe, souvent notées L30, L32 ou L34. C'est une aubaine trop peu exploitée. Prenez toujours la longueur au-dessus de celle qui semble juste et faites raccourcir : une couturière facture cette retouche une quinzaine d'euros, et sur un wide leg la longueur exacte fait toute la différence.
Deux pistes qu'on n'explore jamais
- Le rayon homme. On y trouve du denim rigide, lourd, uni, dans des coupes larges, souvent mieux construit à prix égal. Sur une morpho A la coupe demande un ajustement à la taille, mais le tissu vaut le détour.
- La seconde main. Les jeans anciens sont majoritairement en coton non extensible, avec un tombé que l'on retrouve difficilement en neuf à petit prix. Le denim y est déjà stabilisé, donc ce que vous essayez est ce que vous garderez.
Un mot sur la matière, parce que c'est ce qui départage deux modèles de coupe identique : le poids du denim et le placement du délavage comptent autant que la coupe. Je détaille tout ça dans Jean wide leg et morphologie en A : le duo gagnant, à lire avant votre sortie shopping.
Les trois signaux qui disent de renoncer
Savoir reposer un jean fait partie de la méthode. Voici mes trois critères d'abandon, sans discussion possible.
Signal 1 : la ceinture bâille de plus de deux doigts
Debout, glissez la main à plat dans le dos entre la ceinture et vous. Au-delà de deux doigts d'écart, le pantalon descendra dans la journée, la taille glissera sur les hanches et la colonne verticale démarrera trop bas. Une retouche de ceinture existe, mais elle est plus technique et plus chère qu'un ourlet. Essayez d'abord la taille en dessous.
Signal 2 : le tissu marque la cuisse de profil
Si, de côté, vous voyez le relief de la cuisse à travers le denim en position statique, le tissu est trop léger ou trop extensible. Aucun accessoire, aucun haut, aucune chaussure ne rattrapera ça. Ce jean vous plaira sur cintre et vous décevra à chaque port.
Un denim trop léger ou trop extensible donne ce rendu dès la position statique, et rien dans le reste de la tenue ne le rattrape.
Signal 3 : vous avez envie de rentrer le ventre
C'est le signal le plus fiable et le seul qui ne se mesure pas. Si vous vous surprenez à vous tenir autrement devant le miroir, le vêtement ne va pas. Un bon jean ne demande aucun effort postural, et je le répète en séance : un peut-être, c'est un non. Les pièces qu'on porte vraiment sont celles qui ont provoqué une évidence en cabine.
Le cas de Marion, 46 ans
Marion m'a contactée pour une après-midi de shopping avec un objectif unique : un jean wide leg. Elle en avait essayé, disait-elle, « des dizaines », toujours sans succès.
Nous sommes entrées dans la première boutique et j'ai compris en trois minutes. Marion essayait pieds nus, avec le pull qu'elle portait ce jour-là, un modèle long et large, et elle jugeait de face à cinquante centimètres du miroir. Dans ces conditions, aucun wide leg au monde ne peut convaincre : sans chaussures il traîne, avec un pull long la taille disparaît, et de si près on ne voit que ses cuisses.
Nous avons repris exactement le protocole ci-dessus. Chaussures aux pieds, haut rentré, deux mètres de recul, photo. Le deuxième jean essayé était le bon, et c'était un modèle qu'elle avait déjà écarté seule quelques semaines plus tôt dans la même enseigne. Ce n'était pas le jean qui posait problème, c'était la façon de le regarder.
« Je conseille vivement Ana. Elle m'a aidée à améliorer mon style en fonction de ma morphologie, s'adapte parfaitement aux styles différents du sien et sait vous mettre en valeur. Je sors ravie de cette expérience. »
Indiana D., avis Google 5 étoiles
Vos questions fréquentes
Comment essayer un jean wide leg en magasin quand on est morpho A ?
Toujours chaussures aux pieds et haut rentré, jamais pieds nus. Prenez trois modèles en deux tailles, commencez par le plus neutre, puis faites quatre vérifications : de face à deux mètres, de profil, assise trente secondes, et après dix pas de marche. Terminez par une photo en pied, qui reste l'arbitre le plus fiable parce qu'elle fige la silhouette et supprime le ressenti du moment.
Quelle taille prendre pour un jean wide leg en morphologie en A ?
Votre taille réelle à la ceinture, et pensez à essayer aussi la taille en dessous. C'est l'erreur la plus fréquente en morpho A : on monte d'une taille par réflexe, en anticipant le passage aux hanches. Or l'ampleur est déjà dans la coupe. Une taille trop grande ne rend pas la jambe plus large, elle fait seulement bâiller la ceinture et descendre le pantalon dans la journée.
Comment savoir si un jean est un vrai wide leg ou un bootcut déguisé ?
Regardez-vous de profil. Sur un vrai wide leg, le tissu décroche du corps juste sous la fesse et descend à la verticale. Sur un bootcut ou un flare, il épouse la fesse et la cuisse sur quinze à vingt centimètres avant de s'évaser à partir du genou. Les deux coupes peuvent porter la même étiquette en magasin, seul le profil tranche.
Faut-il essayer un jean wide leg avec des talons ou des baskets ?
Avec les chaussures que vous porterez le plus souvent avec ce jean, et si vous alternez, essayez avec les deux paires. La bonne longueur est celle qui effleure le sol avec la chaussure choisie. Si l'écart entre vos deux paires dépasse trois centimètres, mieux vaut caler l'ourlet sur les chaussures les plus fréquentes plutôt que de chercher un compromis qui ne conviendra à aucune des deux.
Où trouver un jean wide leg quand on a des hanches larges ?
Ne vous limitez pas au rayon habituel. Explorez les appellations voisines, large, loose, palazzo, straight ample, et allez voir du côté du rayon homme pour le denim rigide et des friperies pour les coupes anciennes en coton non extensible. Regardez aussi les enseignes qui déclinent plusieurs longueurs d'entrejambe : c'est souvent ce qui manque pour qu'un modèle fonctionne.
Combien de temps faut-il prévoir pour trouver le bon jean ?
Comptez quarante-cinq minutes pour trois modèles bien essayés, et acceptez de repartir les mains vides. Une sortie shopping réussie n'est pas une sortie où l'on achète, c'est une sortie où l'on a appris quelque chose sur ce qui fonctionne. Beaucoup de mes clientes trouvent leur jean à la deuxième sortie, avec une liste de critères qu'elles n'avaient pas la première fois.
Faut-il acheter en ligne ou en magasin ?
En magasin pour le premier, en ligne ensuite. Tant que vous n'avez pas identifié la coupe et le poids de denim qui vous conviennent, l'essayage physique est irremplaçable. Une fois que vous connaissez un modèle qui vous va, le racheter en ligne dans une autre teinte est sans risque. Et si vous commandez à l'aveugle, commandez deux tailles et renvoyez, c'est la seule façon de reproduire la cabine chez soi.
Ce qu'il faut retenir
Trouver un jean wide leg en morphologie en A tient beaucoup moins au hasard qu'on ne le croit. Ce qui manque, la plupart du temps, ce n'est pas le bon modèle en rayon : c'est une méthode d'essayage qui donne une information fiable. Chaussures, haut rentré, recul, profil, position assise, marche, photo.
Adoptez ce protocole une fois et vous ne l'oublierez plus. Il vaut d'ailleurs pour toutes les coupes larges, du palazzo au pantalon fluide, et il vous fera surtout gagner ce qui compte le plus : le droit de reposer un jean sans culpabilité quand il ne coche pas les cases.
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