Conseil en image : gardez vos couleurs préférées (vraiment !)
Ana Thoisy
Conseil en image : gardez vos couleurs préférées, vraiment
C'est la peur qui revient le plus souvent avant une première séance, et c'est aussi celle qui empêche beaucoup de femmes de franchir la porte : « on va me dire que ma couleur préférée ne me va pas, et je devrai y renoncer ». Je vous rassure tout de suite, et je le dis en connaissance de cause après des dizaines d'accompagnements : le conseil en image ne supprime rien. Il déplace, il ajuste, il nuance. Il n'interdit pas.
Bonjour, moi c'est Ana Thoisy, conseillère en image certifiée à Bordeaux. Dans cet article, je vous montre concrètement comment garder vos couleurs préférées même quand elles ne figurent pas dans votre palette : les cinq leviers que j'utilise en séance, la façon de trouver votre version d'une couleur, et ce que cela change au moment de trier votre dressing.
Garder ses couleurs préférées, autrement
D'où vient la peur de perdre ses couleurs
Cette crainte n'est pas irrationnelle. Elle vient de la façon dont la colorimétrie circule sur les réseaux, souvent réduite à deux colonnes : les couleurs autorisées d'un côté, les interdites de l'autre. Présentée ainsi, la démarche ressemble à un régime. Personne n'a envie de se voir confisquer le rouge qu'elle porte depuis vingt ans.
Mais une palette n'est pas une liste d'interdits. C'est une carte, et une carte ne vous empêche pas d'aller où vous voulez : elle vous dit simplement par où passer. La différence est énorme, et elle change complètement l'expérience d'une séance.
Il y a d'ailleurs une bonne nouvelle que j'annonce très souvent : dans la majorité des cas, la couleur qu'une cliente adore figure déjà dans sa palette, simplement dans une autre nuance que celle qu'elle achetait. J'ai écrit un article entier sur ce constat : et si votre couleur préférée était dans votre palette ?
Une couleur n'est ni bonne ni mauvaise : c'est son placement qui décide
Voilà le principe qui rend tout le reste possible. En colorimétrie, ce qui compte, ce n'est pas la présence d'une couleur dans votre tenue, c'est sa distance à votre visage.
Notre œil se pose d'abord sur le visage. Tout ce qui se trouve à proximité, col, écharpe, encolure, épaules, renvoie sa lumière sur la peau. Une couleur trop froide y bleuit les cernes, une couleur trop chaude peut y jaunir le teint, une couleur trop intense y écrase les traits. Sur une jupe ou un pantalon, la même couleur ne fait plus rien au teint : elle devient une pure question de style.
C'est très concret en séance. Une cliente arrive avec un bordeaux profond auquel elle tient. Le bordeaux près du visage crée chez elle un contraste trop brutal. On l'installe en bas de silhouette, on choisit pour le haut une teinte accordée à sa carnation, et le résultat est immédiat : elle garde sa couleur, son identité, son style, et son visage rayonne davantage. Ce n'est pas une révolution, c'est un ajustement.
Les 5 leviers pour garder une couleur hors palette
Voici, dans l'ordre où je les propose en séance, les cinq solutions qui permettent de conserver une couleur aimée sans qu'elle vous coûte votre éclat.
1. La déplacer vers le bas de la silhouette
Le levier le plus simple et le plus efficace. Pantalon, jupe, short, chaussures, sac porté bas : la couleur reste pleinement présente dans la tenue mais sort de la zone d'influence du visage. Une précaution, qui relève de la morphologie et non de la couleur : une teinte vive en bas attire le regard vers cette zone, ce qui est un atout si vous cherchez à y créer du volume visuel.
2. Changer de nuance, pas de couleur
C'est le levier le plus sous-estimé. On dit « le vert ne me va pas » alors qu'il faudrait dire « ce vert-là ne me va pas ». Chaque couleur existe en dizaines de versions, plus chaudes, plus froides, plus claires, plus grisées. Le rouge tomate et le rouge framboise portent le même nom de famille et ne font pas du tout le même effet sur un teint. Ce sujet mérite à lui seul un article : pourquoi toutes les nuances d'une couleur ne se valent pas.
3. Réduire la surface
Une couleur difficile en aplat total devient tout à fait portable en petite dose. Un imprimé où elle apparaît par touches, une rayure, un liseré, une manche : la proportion change tout. Le regard perçoit alors le mélange général, pas la couleur pure renvoyée sur la peau.
4. Créer un écran près du visage
Un foulard, une écharpe, un col contrastant, un gilet ouvert sur un débardeur dans votre palette : vous interposez une couleur qui vous va entre votre peau et celle qui vous dessert. La pièce reste visible, votre visage dialogue avec l'intermédiaire. C'est la solution idéale pour un manteau, une veste ou une robe à laquelle vous tenez.
5. Rééquilibrer par le maquillage et les bijoux
Une bouche plus soutenue, un blush plus vif, des boucles d'oreilles dans le bon métal réintroduisent de la couleur là où il en manque. Ils ne transforment pas une teinte défavorable en teinte idéale, mais compensent largement le temps d'une soirée.
Trouver votre version de la couleur que vous aimez
C'est le travail que je préfère en séance, parce que c'est celui qui provoque le plus de soulagement. On ne raye pas une couleur de la liste, on cherche la version qui vous appartient. Voici la logique, couleur par couleur, pour vous donner une idée du raisonnement.
- Le rouge se décline du rouge orangé et brique, chaud, au rouge cerise et framboise, froid. Un sous-ton chaud sera servi par le premier, un sous-ton froid par le second. Personne n'a à renoncer au rouge.
- Le rose va du rose saumon et corail, chaud, au rose fuchsia et poudré, froid. Le glissement d'une famille à l'autre est souvent spectaculaire sur le teint.
- Le vert couvre l'olive et le kaki, chauds, l'émeraude et le sapin, froids, l'amande et le vert d'eau, doux. C'est la famille la plus large du nuancier.
- Le bleu passe du bleu canard et pétrole, plus chauds, au bleu glacier et roi, franchement froids. Ce sujet est développé dans bleu et colorimétrie, choisir la bonne nuance selon votre saison.
- Le beige et les neutres vont du camel et du sable doré au taupe et au gris perle. C'est souvent là que se joue la cohérence d'une garde-robe entière.
Il ne s'agit pas d'apprendre ces listes par cœur, mais de comprendre qu'entre « j'adore cette couleur » et « elle ne me va pas », il existe un immense espace de négociation où se trouve presque toujours la réponse.
Vos couleurs préférées ailleurs que sur le buste
Une couleur que vous aimez n'a pas d'obligation de se poser sur un pull. Elle peut vivre partout ailleurs, et c'est souvent là qu'elle s'exprime le mieux.
- Les accessoires : sac, ceinture, chaussures, bijoux. Ils portent la couleur sans la rapprocher du teint et donnent instantanément du caractère à une tenue sobre.
- Le maquillage et le vernis : un rouge à lèvres ou un vernis dans votre couleur fétiche, c'est une petite dose très visible, entièrement libre de contraintes sur les mains.
- Les doublures et les détails : l'intérieur d'une veste, un revers, une chaussette. Ce sont des plaisirs discrets qui comptent plus qu'on ne le croit.
- La superposition : la couleur en seconde couche, sous un gilet ou une chemise ouverte, visible mais éloignée du col.
Je le répète souvent en séance : une couleur qu'on aime a une fonction émotionnelle, pas seulement esthétique. Elle vous met de bonne humeur, elle raconte quelque chose de vous. Ce serait absurde de la faire disparaître pour une question de sous-ton.
Ce que cela change quand vous triez votre dressing
Beaucoup de femmes imaginent le tri de dressing comme un grand nettoyage punitif, avec une pile « à jeter » qui grossit à vue d'œil. Je travaille exactement à l'inverse. Un tri réussi consiste d'abord à comprendre pourquoi une pièce ne fonctionne pas, parce que la réponse est rarement « elle est moche ».
Neuf fois sur dix, une pièce dort au fond du placard pour l'une de ces trois raisons : la couleur est juste mais la coupe ne convient pas, la coupe est juste mais la nuance est à côté, ou la pièce n'a simplement jamais trouvé de compagne pour être portée. Dans les trois cas, il y a une solution avant la poubelle : la déplacer, l'associer autrement, ou l'utiliser en seconde couche. C'est aussi tout le sujet de ne jetez plus vos vêtements, l'art de mixer sa garde-robe.
Concrètement, je propose le tri de dressing sur 3 heures à 149 €, à faire après une analyse Morpho Corps et une Colorimétrie, parce qu'on ne trie bien qu'avec ses critères en main. On passe les pièces une à une, on garde, on déplace, on réassocie, et on identifie les rares manques réels. La plupart de mes clientes ressortent avec plus de tenues qu'en entrant, sans avoir rien acheté.
Le cas de Camille, un placard plein de fuchsia
Camille est venue me voir avec une inquiétude formulée dès le premier message : « j'ai peur que vous me disiez d'arrêter le fuchsia ». Le rose vif est sa signature depuis l'adolescence, sa famille l'associe à cette couleur, elle en possède une bonne dizaine de pièces.
L'analyse a donné une colorimétrie chaude et plutôt douce. Le fuchsia pur, très froid et très saturé, entrait effectivement en dissonance avec sa carnation : près du visage, il prenait toute la lumière et laissait son teint en retrait. Nous n'avons pourtant rien retiré de son placard. Ses deux tops les plus vifs sont devenus des pièces de seconde couche, portés sous un gilet écru qui adoucit la ligne du col. Nous avons identifié sa version chaude du rose, un corail intense qui produit sur elle l'effet qu'elle recherchait avec le fuchsia. Et sa jupe fuchsia n'a pas bougé : en bas de silhouette, elle ne pose aucun problème.
Elle m'a écrit un mois plus tard qu'elle n'avait pas eu l'impression de perdre sa couleur, mais d'en avoir gagné une deuxième. C'est exactement le résultat que je cherche : additionner, jamais soustraire.
« Ana m'a aidée à trier, à apprivoiser mes formes, créer des outfits, tout en respectant mon style, sans inciter à l'achat mais en s'appuyant sur mes propres tenues. »
Gaelle L., avis Google 5 étoiles
Vos questions fréquentes
Le conseil en image va-t-il m'interdire mes couleurs préférées ?
Non. Mon travail consiste à vous donner des solutions, pas des interdictions. Une analyse identifie les teintes qui flattent votre teint près du visage, ce qui ne dit rien de ce que vous avez le droit de porter ailleurs. Sur l'ensemble d'une séance, je passe beaucoup plus de temps à chercher comment garder une pièce qu'à conseiller de s'en séparer.
Ma couleur préférée n'est pas dans ma palette, dois-je m'en séparer ?
Surtout pas. Commencez par vérifier s'il en existe une nuance compatible : c'est le cas la plupart du temps, et le changement est souvent minime à l'œil. Sinon, déplacez la pièce vers le bas de la silhouette, réduisez sa surface, ou interposez un foulard entre elle et votre visage. Se séparer d'un vêtement reste le tout dernier recours, quand aucune de ces options ne fonctionne et que la pièce ne vous procure plus aucun plaisir.
Une couleur peut-elle vraiment changer selon l'endroit où on la porte ?
La couleur ne change pas, c'est son effet sur votre teint qui change avec la distance. Près du visage, un tissu renvoie sa lumière sur votre peau et modifie la perception de vos cernes, de vos rougeurs et de votre éclat. À hauteur de hanches ou de pieds, cette influence disparaît presque totalement, et la couleur ne joue plus que sur l'équilibre visuel de votre silhouette.
Comment savoir si une couleur est portée trop près du visage ?
La règle pratique que je donne : tout ce qui se trouve au-dessus de la poitrine compte comme proche du visage. Col, encolure, épaules, écharpe, capuche, veste boutonnée haut. Un décolleté profond éloigne déjà nettement la couleur, un gilet ouvert aussi. Faites le test devant un miroir en lumière du jour : si votre œil se pose sur le vêtement avant votre visage, la couleur est trop près ou trop forte.
Faut-il tout racheter après une analyse de colorimétrie ?
Non, et c'est même le contraire de ce que je recommande. Une palette sert d'abord à mieux utiliser ce que vous avez déjà et à cesser les achats qui finissent inutilisés. La plupart de mes clientes n'achètent rien dans les semaines qui suivent : elles réassocient, elles déplacent, elles remplacent progressivement les quelques pièces portées au plus près du visage, et c'est tout.
Et si j'aime une couleur qui ne me va nulle part ?
Cela existe, et la réponse est simple : portez-la quand même, en connaissance de cause. Une tenue qui vous rend joyeuse a une valeur que la colorimétrie ne mesure pas. Mon rôle est de vous dire ce que la couleur fait à votre teint, le vôtre est de décider ce que vous en faites. Une couleur peut aussi trouver sa place en dehors du vêtement : accessoires, vernis, papeterie, décoration.
Combien coûte un accompagnement pour trier tout mon dressing ?
Le tri de dressing dure 3 heures et coûte 149 €. Il se fait après une analyse Morpho Corps et une Colorimétrie, indispensables pour trier avec les bons critères. Si vous souhaitez ensuite compléter les manques identifiés, l'accompagnement Personal Shopper à Bordeaux est à 250 € pour une après-midi. Toutes les prestations sont détaillées ici, avec une réponse sous 48 h.
Ce qu'il faut retenir
Le conseil en image ne part jamais d'une page blanche. Il part de vous, de vos goûts, de vos habitudes, des couleurs qui vous font sourire quand vous les enfilez le matin. Une analyse ne vient pas remplacer cela, elle vient l'outiller. Et un outil qui vous priverait de ce que vous aimez serait, tout simplement, un mauvais outil.
Retenez les cinq leviers : déplacer, nuancer, réduire la surface, faire écran, rééquilibrer. Avec eux, il n'existe pratiquement aucune couleur impossible à garder. Vous ne perdez rien de votre style, vous gagnez simplement la maîtrise de l'endroit où vous posez chaque teinte.
Pour aller plus loin